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Vandières : un panneau pour rappeler les promesses non tenues

A Gandrange, Nicolas Sarkozy a eu sa plaque pour rappeler ses promesses non tenues. A Hayange, François Hollande a également eu la sienne. A Vandières, c’est le Conseil Régional de Lorraine, et plus particulièrement son Président, Jean-Pierre Masseret, qui est désormais points du doigt par un panneau de bois de près de trois mètres de haut réalisé par une habitante de Bayonville-sur-Mad. L’objet dénonce les 23 millions d’euros qui ont été engloutis pour rien en vue de préparer le terrain destiné à accueillir la future gare d’interconnexion TGV-TER  avant que le projet ne soit finalement lâchement abandonné par Jean-Pierre Masseret suite aux résultats de la consultation du 1er février 2015. Selon le maire de Vandières, les socialistes, emmenés par le Président du Conseil Régional de Lorraine, portent l’échec retentissant de ce dossier. Le pouvoir de décision leur appartenait en effet.

Oui à Vandières

L’affaire Louvigny-Vandières est emblématique de la mauvaise gestion des (ir)responsables lorrains et de la nullité de leur action politique. 

Inutilement alambiquée, la question proposée pour la consultation publique du dimanche 1er février peut se résumer ainsi : faut-il construire une gare d’interconnexion TGV-TER à Vandières ou se contenter d’un gare à l’architecture minimaliste, uniquement accessible par la route, mais dont le fonctionnement se passe relativement bien jusqu’à aujourd’hui ?

La réponse est évidemment OUI. Le Parti Lorrain estime en effet que Vandières permettrait enfin de rattraper en partie la monumentale faute d’avoir implanté l’aéroport Metz-Nancy-Lorraine (MNL) et la gare TGV en plein champ à Louvigny.

Gare Vandieres simulation 3D

Simulation 3D de l’implantation de la gare d’interconnexion TGV-TER de Vandières (Crédits image : Verdier-Tappia architectes urbanistes)

Rappelons ainsi que la Gare Lorraine TGV, réservée aux liaisons entre la Lorraine et les grandes villes de province comme Bordeaux, Lille, Nantes ou Rennes, devait provisoirement voir le jour à Louvigny. Provisoirement donc. C’est vrai, après tout, pourquoi construire quelque chose d’intelligent, rationnel et définitif tout de suite. Si nos pathétiques élus n’avaient pas perdu un temps fou à se quereller mais s’étaient au contraire mis au service de l’intérêt général, ce dossier serait déjà clos depuis longtemps.

Faute d’être connectée au réseau TER (Transport Express Régional), la gare de Louvigny aurait au moins eu un minimum de sens si elle avait été aménagée dans l’enceinte de l’aéroport, comme c’est le cas à Roissy par exemple. Malheureusement, la SNCF a tout simplement refusé, sans que personne ne vienne la contredire, par peur d’une éventuelle concurrence avec Air France. La bonne blague, comme si l’avion pouvait réellement constituer une menace pour le TGV sur une telle distance ! Si bien que ce qui devait arriver arriva : Air France s’est retiré de MNL pour les vols entre Paris et la Lorraine une fois la Ligne à Grande Vitesse (LGV) Est-européenne terminée. Et nous nous retrouvons encore aujourd’hui avec une gare betterave à Louvigny, uniquement accessible par la route et située à trois kilomètres de l’aéroport. A tel point qu’il a fallu attendre un an pour voir fleurir au bord des routes des panneaux de signalisation indiquant la gare !

En 2015, il n’est plus concevable que la Lorraine soit la seule région en France à ne pas disposer d’une gare d’interconnexion TGV-TER.

La gare de Vandières ne coûtera rien aux Lorrains puisqu’elle sera financée dans le cadre de la seconde phase de la LGV Est-européenne par la TICPE (Taxe Intérieure de Consommation sur les Produits Energétiques). Si les Lorrains ne saisissent pas cette opportunité financière, celle-ci ne se représentera plus. De même, si la gare ne se faisait pas, l’argent qui lui était alloué par l’Etat français ne servira pas à financer d’autres infrastructures de transports en Lorraine. Celui-ci sera définitivement perdu. Nous n’avons pas le luxe de nous en priver. D’autant plus que dans le contexte socioéconomique actuel, le chantier de la gare de Vandières permettra de créer et de maintenir des emplois dans le BTP, secteur particulièrement en souffrance.

Des travaux conservatoires d’un montant de 23 millions d’euros ont déjà été engagés sur la commune de Vandières, en prévision de l’implantation de la future infrastructure qui avait été validée. Ceux-ci ont permis d’aménager sur une superficie de 80 hectares les aiguillages, l’élargissement du viaduc du canal de la Moselle pour supporter les voies à quai TGV, les soubassements et certains ouvrages d’art. La gare de Vandières sera en effet construite sur un viaduc, avec des voies à 13 mètres de hauteur. L’infrastructure constitue un véritable enjeu pour toute la Lorraine, dans la mesure où elle supprimera les ruptures de charges pour les voyageurs et les navettes coûteuses pour se rendre à la gare de Louvigny. Il est clair que la reconversion de cette dernière en gare de fret, de stockage de rames et d’évitement en cas de problème reste pour le moment hypothétique. Des pistes de développement intéressantes existent néanmoins, à l’image du réseau Euro Carex et de la possibilité de relier MNL à la LGV, afin de stimuler l’activité fret de la plateforme aéroportuaire. Cette nouvelle voie ferrée permettrait de connecter l’ensemble des gares lorraines à l’aéroport via Vandières.

Le Parti Lorrain considère que l’initiative de Jean-Pierre Masseret d’organiser une consultation publique sur ce dossier n’est qu’un énième coup politicien à même de raviver de profondes divisions entre les Lorrains au moment même où l’unité doit plus que jamais prévaloir. Au lieu d’assumer ses responsabilités, le président du Conseil Régional de Lorraine préfère les fuir en organisant un onéreux simulacre de démocratie participative, alors que la gare a été déclarée d’utilité publique. L’abandon de Vandières entacherait au contraire le processus démocratique prévu, réalisé et entériné.

Suspension à durée indéterminée de l’Ecotaxe : la Lorraine à nouveau méprisée par la France

La ministre française de l’écologie, Ségolène Royal, a dernièrement annoncé la suspension sine die de l’Ecotaxe, reportant ainsi cette dernière une énième fois mais sans date butoir. En d’autres termes, le projet est enterré provoquant la colère des Lorrains et plus particulièrement des salariés de la société Ecomouv’, chargée de collecter l’Ecotaxe, dont l’avenir reste plus que jamais incertain.

Alors que l’Ecotaxe était perçue dans un contexte de réchauffement climatique planétaire comme une mesure juste écologiquement et budgétairement puisque reposant sur le principe du pollueur-payeur, la reculade du gouvernement français face à la pression du lobby des transporteurs et des bonnets rouges bretons a été violemment accueillie dans les locaux d’Ecomouv’, installés sur l’ancienne Base Aérienne de Metz-Frescaty. Il faut dire que sa suspension ferme et définitive porte une nouvelle fois atteinte à la Lorraine. En effet, non seulement elle menace directement les 157 salariés d’Ecomouv’ de la BA 128, ainsi que les 150 douaniers chargés de contrôler la collecte de l’Ecotaxe implantés également à Metz dans le cadre des compensations aux iniques et odieuses restructurations militaires, mais en plus, elle compromet sérieusement la mise à 2x3 voies de l’A 31 surchargée, qui devait justement être en partie financée par les ressources dégagées par l’Ecotaxe !

La suspension de l’Ecotaxe apparaît par ailleurs comme une énormité financière alors qu’il est demandé à tous de se serrer la ceinture. La société Ecomouv’ a en effet engagé 650 millions d’euros pour la mise en place du dispositif et possède 200 millions d’euros d’encours. Rien que pour l’année 2014, l’Etat français lui doit 210 millions d’euros de loyer, sans compter les indemnités à lui verser pour rupture du contrat ! Du grand n’importe quoi ! La technostructure parisienne a prouvé une fois de plus son aberration autant que le gouvernement français sa faiblesse.

La Lorraine n’a définitivement plus rien à attendre de Paris et de la France si ce n’est la fermeture de ses écoles, de ses hôpitaux, de ses prisons et de ses tribunaux. Elle doit par conséquent s’émanciper de la France. Compte-tenu de la disposition du gouvernement de ce pays à céder aussi facilement face à la pression des transporteurs, cela ne devrait a priori pas être bien compliqué à obtenir.

Ecotaxe : de la Bretagne à la Lorraine

Si elle est un jour appliquée malgré sa suspension, l’écotaxe ne le sera pas de la même manière partout en France, certains territoires bénéficiant d’ores et déjà de régimes dérogatoires.

Ce nouvel impôt sur les camions de plus de 3,5 tonnes, qui concerne les entreprises de transports étrangères et françaises, est en effet à géographie variable. Le législateur a ainsi octroyé un abattement de 30 % pour certaines régions et quelques départements en raison de leur « éloignement des grandes unités urbaines européennes de plus d’un million d’habitants ». La liste de ces heureux élus a été fixée par décret en 2009. On y retrouve évidemment les régions Aquitaine, Bretagne et Midi-Pyrénées, ainsi que les départements de l’Aveyron, du Finistère, du Gers, de la Gironde, des Landes, du Lot-et-Garonne, des Pyrénées-Atlantiques, des Hautes-Pyrénées et du Tarn.

La Bretagne se distingue plus particulièrement de ce groupe puisque les autoroutes y sont gratuites et parce que les élus locaux y ont toujours exercé un fort lobbying pour préserver cette exception. Si bien que le taux de la Taxe Poids Lourds (TPL) y serait réduit non pas de 30 % mais de 50 % ! Par contre, les 1 200 sociétés de transports de marchandises lorraines devraient quant à elles payer plein pot, tout comme celles du Limousin, de Poitou-Charentes ou encore de Corse. Soit autant de régions reconnues pour le chaos qui y règne.

De leurs côtés, les parlementaires bretons, toutes tendances confondues, savent se mobiliser sur tous les grands sujets. Une union sacrée que les élus lorrains ne daignent pas s’inspirer. Alors que la plupart des sénateurs lorrains défendent uniquement (et encore) leur département, les élus bretons défendent activement et unanimement toute leur région.

Il est grand temps de remettre de l’ordre et du bon sens en Lorraine. C’est à ce moment-là que la Parti Lorrain intervient.

Transports en Lorraine : l’avis du Parti Lorrain

La mission « Mobilité 21 » est chargée de faire une refonte du SNIT (Schéma National des Infrastructures de Transports) et d’en dégager les projets prioritaires. Dans toutes les régions, les élus aiguisent leurs arguments pour défendre leurs projets respectifs. En Lorraine, trois projets prioritaires ont été définis : la mise à 2x3 voies de l’A 31 avec péage si l’Etat français ne veut pas participer au financement, le raccordement ferroviaire Sud avec le TGV Rhin-Rhône (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2009/02/28/desenclaver-la-lorraine-ferroviaire-vers-le-sud/) via la création d’un barreau LGV Villersexel-Lure et l’électrification de la ligne Epinal-Belfort, ainsi que le projet de canal à grand gabarit Saône-Moselle (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2009/12/03/le-canal-saone-moselle-doit-se-faire/).

La position du Parti Lorrain a toujours été très claire sur ce sujet.

Concernant le volet routier, nous sommes pour une mise à 2x3 voies de l’A 31 entre Toul, Nancy et Metz et sur l’axe Diddenowen (Thionville)-Luxembourg, ainsi que pour une mise à 2x4 voies entre Metz et Richemont. Nous sommes totalement opposés à la mise en place de péage sur cette autoroute, de même que sur l’A 32 que nous réclamons en plus de l’aménagement de l’A 31. D’ailleurs, en ce qui concerne ce nouvel axe, nous avions déjà proposé un tracé alternatif plus respectueux des territoires avec l’aménagement des routes départementales RD 913 et RD 955 entre Metz et Nancy (voir : http://s3.e-monsite.com/2010/11/04/13030527synthese-saturation-des-grands-eurocorridors-pdf.pdf). Ce tracé présente également l’avantage de desservir directement notre aéroport régional. Nous soutenons également la création d’un barreau Toul-Dieulouard entièrement gratuit qui passerait par l’aménagement de la RD 611 existante. S’agissant du contournement de Diddenowen, nous refusons catégoriquement la saignée de Florange et de l’agglomération Thionvilloise. Nous recommandons au contraire un contournement Est s’appuyant sur la rocade de Yutz prolongée au Nord jusqu’à l’A 31.

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Le Parti Lorrain est source de propositions en termes d'infrastructures de transports

Au niveau ferroviaire, nous exigeons l’aménagement d’une branche Nord au TGV Rhin-Rhône. Dans cette optique, nous soutenons la création du barreau LGV Villersexel-Lure. L’idéal serait même de le prolonger jusqu’au Sud d’Epinal. Les TGV emprunteraient ensuite la voie ferrée classique entre Epinal et Saint-Nicolas-de-Port. Par ailleurs, entre Saint-Nicolas-de-Port et la frontière luxembourgeoise, nous préconisons la construction d’une nouvelle grande infrastructure ferroviaire composée de quatre voies : deux voies centrales LGV avec 4 arrêts (Nancy, Aéroport MNL, Metz, Diddenowen et Luxembourg-Ville si les Luxembourgeois poursuivent la ligne) et de chaque côté deux voies ferrées classiques avec de nombreux arrêts pour irriguer l’Est du Sillon Mosellan (Bouxières-aux-Chênes, Leyr/Moivrons, Jeandelaincourt, Nomeny, Saint-Jure, Aéroport MNL, Verny, Pouilly/Fleury, Magny/Peltre, Metz Technopole, Metz-Borny, Ennery, Bousse/Rurange-lès-Thionville, Guenange, Bertrange, Illange, Yutz, Roussy-le-Village/Breistroff-la-Grande, Hagen/Basse-Rentgen et Luxembourg). L’idée est donc de créer une seconde voie ferrée dans le Sillon Mosellan sur la rive droite de la Moselle et de la jumeler avec la branche Nord du TGV Rhin-Rhône qui servirait de RER-Express entre Nancy, Metz, Diddenowen et Luxembourg. Le but est de contribuer au développement de notre aéroport en le connectant cette fois directement au réseau ferré TGV-TER grâce à cette nouvelle grande magistrale.

Pour ce qui est du fluvial, le Parti Lorrain soutient la connexion des grands ports de la Mer du Nord à la Méditerranée par le canal Saône-Moselle.

Enfin, concernant l’aérien, la connexion de notre aéroport aux grands axes de transport que seront la seconde voie ferrée TER Lorraine Nancy-Metz- Diddenowen-Luxembourg, la LGV Rhin-Rhône branche Nord et l’autoroute A 32 (tracé rive Est) devrait enfin permettre à cette infrastructure de sortir de son isolement et se développer comme il se doit.

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