éducation

Langues régionales : menace sur l’enseignement du Lothringer Platt luxembourgois au collège de Sierck-les-Bains

Le Lothringer Platt est enseigné dans sa version luxembourgeoise depuis 1995 au collège de Sierck-les-Bains. Mais cette option risque bien de disparaître à la rentrée prochaine avec le départ à la retraite du professeur M. Périquet.

College sierck les bains

Le collège de Sierck-les-Bains pourrait ne plus proposer d’enseignement de langue régionale à la rentrée (Crédits photo : Google Street View)

La langue régionale avait pourtant été largement plébiscitée par les parents d’élèves lors de deux études réalisées par l’éducation nationale en 1995 et en 2004. Ceux-ci souhaitaient d’ailleurs même un enseignement du luxembourgeois dès le primaire. C’est la raison pour laquelle une dizaine d’écoles du Pays des Trois Frontières propose depuis cette langue de la maternelle au CM2.

250 élèves de la 6ème à la 3ème apprennent actuellement la langue au collège de Sierck-les-Bains situé aux portes du Luxembourg et de l’Allemagne, contre seulement une quinzaine il y a vingt ans. C’est dire le chemin parcouru, même si l’enseignement de cette langue est boosté par la dynamique économique du Luxembourg qui en a fait un critère de sélection. A tel point que la spécificité de l’établissement de Sierck attire désormais des jeunes d’autres cantons. Dix-huit heures sont consacrées à cette option chaque semaine.

Il est absolument intolérable que le départ de M. Périquet, qui aspire naturellement à prendre sa retraite, n’ait pas été anticipé et que cet apprentissage soit purement et simplement condamné faute de remplaçant. D’autant plus que les professeurs de luxembourgeois qui veulent exercer en Lorraine, où le salaire est trois moins élevé qu’au Luxembourg, ne courent pas les rues. Il n’y a aucune volonté de maintenir et d’étendre cet enseignement que le collège de Sierck est le seul à proposer. A Longwy, il est uniquement disponible dans certains lycées depuis quelques années. A Diddenuewen (Thionville), l’option a déjà disparu au Lycée Hélène Boucher, faute de remplaçant, après le départ du professeur … au Luxembourg.

Education en danger : l’académie de Nancy-Metz perd encore des postes à la rentrée 2015

L’académie de Nancy-Metz est l’une des rares à perdre encore des postes d’enseignants dans le premier degré à la rentrée prochaine. 19 postes sont ainsi supprimés en Lorraine alors que parallèlement 2 511 sont créés au total en France.

Ces suppressions résultent de la diminution de près de 730 élèves constatée dans le primaire dans notre région. La situation varie cependant d’un département à l’autre. En raison d’une légère hausse de ses effectifs, qui devraient s’établir à plus de 97 300 élèves, la Moselle gagne treize postes, mais concède la fermeture de 121 classes, contre seulement 70 ouvertures. Le directeur académique départemental a préféré renforcer le contingent des professeurs remplaçants d’une cinquantaine de postes. Celui-ci avait en effet chuté de 120 à 30 enseignants en à peine trois ans, engendrant des situations inextricables dans certaines écoles.

La Meurthe-et-Moselle, les Vosges et la Meuse perdent respectivement neuf, seize et sept postes. Malgré des effectifs stables autour de 64 700 élèves, seize écoles ont été fermées au cours de l’été en Meurthe-et-Moselle. De nombreux élus locaux ont en effet privilégié des regroupements pédagogiques entre plusieurs établissements scolaires pour des raisons budgétaires. La démarche a bien entendu était appuyée par le rectorat.

A noter enfin que notre académie perd également 48 postes dans les collèges et les lycées. Pourtant, avec 185 882 inscrits à la rentrée dans le secondaire, les effectifs sont stables. Nancy-Metz est ainsi la seule académie en France à se voir supprimer des postes depuis 2007. L’académie lorraine est enfin la quatrième de France la plus défavorisée en termes de précarité chez les élèves.

Pour le maintien des classes bilingues en Lorraine !

Le gouvernement français a dernièrement annoncé la suppression des classes bilingues dans le cadre de la « réforme » des collèges. Cette déclaration fait depuis l’objet d’un véritable tollé, notamment en Lorraine où elles sont indispensables et très prisés. A tel point que la polémique a même gagné l’Allemagne via l’ambassadrice d’Allemagne en France et la chancelière Angela Merkel.

Depuis leur mise en place, les classes bilingues ont démontré toute leur pertinence et leur efficacité. Au lieu d’être supprimées, elles doivent être maintenues et même généralisées. Ces classes permettent en effet à nos enfants d’apprendre deux langues étrangères dès la Sixième à raison d’environ 16 heures hebdomadaires de Langue Vivante 2 (LV2) sur l’ensemble des quatre niveaux du collège (Sixième, Cinquième, Quatrième et Troisième). La ministre française de l’éducation, Najat Vallaud-Belkacem, les juge de son côté trop élitistes et minoritaires. Elle a néanmoins déclaré la possibilité de faire une exception en autorisant l’apprentissage de la LV2 dès la Sixième pour les élèves ayant étudié une autre langue que l’Anglais au primaire, ce qui est souvent le cas dans les zones frontalières. Le volume horaire serait cependant considérablement rabaissé.

Alors que le Land de Sarre s’est dernièrement engagé dans une stratégie destinée à amener une génération entière vers le bilinguisme allemand et français d’ici 30 ans, le repli anachronique des jacobins français est perçu comme une véritable offense en Lorraine et en Allemagne. Il est d’autant plus incompréhensible et ridicule au moment où l’Allemagne a de plus en plus d’emplois à proposer à de jeunes étrangers parlant allemand pour contrer son importante baisse démographique et soutenir la vitalité de son économie.

Pour toutes ces raisons, le Parti Lorrain exige le maintien et le renforcement des classes bilingues en Lorraine.

Non à la fermeture d’une classe à Tiercelet

L’école de Tiercelet, dans le Pays-Haut, est en danger suite à une décision du rectorat de l’académie de Nancy-Metz de fermer une classe. Selon les parents d’élèves mobilisés, il ne manquerait qu’un seul élève par rapport au minimum requis pour maintenir la classe !

La commune de Tiercelet dispose à l’heure actuelle de trois classes. En cas de fermeture d’une classe, un même instituteur aurait à gérer simultanément plus de 30 élèves de cinq niveaux de primaire différents ! Les conditions d’apprentissage seraient alors sérieusement dégradées. Les parents d’élèves redoutent la mise en place d’un cercle vicieux. La détérioration de la qualité de l’éducation risque en effet de provoquer dans les années à venir la fuite des élèves restants vers d’autres établissements, ce qui risquerait d’entraîner la fermeture définitive de l’école et la mort du village.

Afin d’éviter ce scénario catastrophe, les parents d’élèves ont déjà symboliquement bloqué à plusieurs reprises l’école de Tiercelet. Ils organisent une manifestation dans la commune le jeudi 24 avril à partir de 8h30 avec des barrages filtrants. Venez nombreux pour les soutenir !

Soucieux de préserver l’avenir de nos enfants par le maintien d’une éducation de qualité, le Parti Lorrain attend du ministère français de l’éducation des créations de postes dans notre région et non pas des fermetures de classes.

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